fbpx

Comprendre l’Afrique du Sud

Partage aux copains

Partager sur facebook
Partager sur pinterest
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur twitter
Partager sur email
L'histoire d'une nation arc en ciel

Introduction

 

Pour comprendre la situation actuelle en Afrique du Sud, il faut commencer par se replonger dans l’histoire et poser quelques rĂ©flexions.

Avant il faut rappeler que je ne suis ni un historien ni un journaliste, je vais donc exposer l’histoire telle qu’elle est communĂ©ment acceptĂ©e et telle qu’on la raconte ici. Le but de cet article est d’informer les futurs voyageurs.

Eh oui, dans les guides de voyages, on est rarement prĂ©venu que le mode de vie et de pensĂ©e est trĂšs diffĂ©rent de celui qu’on connait en Europe. On peut donc ĂȘtre surpris voire choquĂ© de ce que l’on voit ici.

 

 

Commençons par le commencement

 

Des ossements d’australopithĂšques ont Ă©tĂ© trouvĂ©s en Afrique du Sud et ils remontent Ă  3 millions d’annĂ©es. En comparaison en France : les plus vieux trouvĂ©s remontent Ă  400 000 ans.

Mais les premiers hommes d’Afrique du Sud sont les Hottentot ou Bushmen, on traduit par hommes de la brousse. Ils sont apparus dans cette rĂ©gion d’Afrique il y a plus de 20 000 ans. C’est un peuple de chasseur et encore aujourd’hui vous verrez des bushmen travailler pour des lodges car ils sont d’inĂ©galables pisteurs d’animaux !

Avançons dans l’histoire jusqu’au 15eme siĂšcle avec l’arrivĂ©e des europĂ©ens en Afrique du Sud. Les premiers Ă  arriver Ă©taient les Portugais en 1488. Ils s’arrĂȘtent Ă  la ville du Cap qui constitue une Ă©tape sur la route vers les Indes. Il n’y avait pas encore le canal de Suez donc il fallait faire tout le tour de l’Afrique !

Mais les premiers europĂ©ens Ă  vraiment s’installer et coloniser la rĂ©gion du Cap de Bonne espĂ©rance sont les Hollandais en 1652. Ils s’étendent jusqu’à Stellenbosch.

Fin 17eme siĂšcle, des protestants huguenots fuient la France aprĂšs la rĂ©vocation de l’Edit de Nantes et ils se rĂ©fugient en Hollande notamment. C’est ainsi qu’environ 200 huguenots sont ensuite envoyĂ©s en Afrique du Sud et ils emmĂšnent avec eux un savoir-faire, celui de la vigne. C’est pour ça qu’il y a du vin en Afrique du Sud et c’est aussi pour ça qu’ici on retrouve ici des noms de famille comme De Villiers, Du toit, Du Plessis.

Les Hollandais ont besoin de main d’Ɠuvre au 17eme siĂšcle et font venir des esclaves asiatiques et malgaches, mais aussi des chefs musulmans de Malaisie qu’on appelle les Malais. D’oĂč le nom de quartier malais ou Boo Kap Ă  Cape Town.

Une dizaine d’annĂ©e avant l’arrivĂ©e des Hollandais, les Xhosas, un peuple d’Afrique centrale s’installent sur la cĂŽte sud est vers l’actuelle ville de Grahamstown.

 

 

Au 18Ăšme siĂšcle

 

Les fermiers descendants d’Hollandais qu’on appelle encore aujourd’hui, les Boers ou les Afrikaners, s’éloignent de la ville du Cap pour arrĂȘter de dĂ©pendre de la compagnie des Indes. Oui, celle de Pirates de caraĂŻbes. La compagnie des Indes les oblige Ă  vendre leurs rĂ©coltes uniquement Ă  eux et Ă  un prix trop faible. Ces fermiers Boers quittent donc le sud-ouest et partent en caravane vers l’Est, c’est ce qu’on appelle le TrekBokkers.

En avançant vers l’est, ils tombent sur les Xhosas. Au dĂ©but le contact est calme et se limite au troc. Mais assez vite des conflits se crĂ©ent car les uns et les autres Ă©tendent leur terre et en 1779 Ă©clate la premiĂšre « guerre cafre ».

Début le 18eme siÚcle, une vague de colons allemands arrive sur le pays et en 1795 que les Anglais débarquent. Ils colonisent le Cap et reprennent la colonie aux Hollandais au début du 19e siÚcle.

 

 

Au 19Ăšme siĂšcle

 

Au début du 19Úme siÚcle commence la guerre entre les Xhosas et les Anglais.

Et justement, les Anglais veulent reprendre les territoires Boers autour du Cap.  Les anglais crĂ©ent les tous premiers droits de ceux qu’ils appelaient les « non-blancs ». Ce ne sont pas que des semblants de droits, mais ça suffit pour Ă©nerver les Boers qui considĂ©raient les noirs et les mĂ©tisses comme inaptes Ă  ne serait-ce que recevoir un enseignement.

Ce sont donc les premiers conflits entre les Boers et les Anglais. En 1833 : l’esclavage est aboli et les Boers quittent la rĂ©gion du cap. Ils franchissent la rĂ©gion du fleuve orange avant de rejoindre la rĂ©gion du Natal pour certains et la rĂ©gion du Transvaal pour d’autres.

C’est ce qu’on appelle le Grand Trek. Ces territoires sont occupĂ©s par des peuples africains comme par exemple les Ndebele (peuple de Zoulous). Les combats sont assez faciles pour les Boers : et oui, un combat entre des arcs et des flĂšches d’un cĂŽtĂ© et des fusils de l’autre… c’est pas tellement Ă©quilibrĂ©.

Le 19eme siĂšcle c’est un siĂšcle important pour les Zoulous, qui sont issus des peuples Bantu (qui viennent Ă  la base du centre est de l’Afrique). Eux ils sont prĂ©sents vers la cĂŽte Est du Pays : une rĂ©gion qu’on appelle aujourd’hui le Kwazulu Natal. Et la personnalitĂ© zouloue trĂšs importante de l’époque c’est King Shaka.

Shaka, le fils illĂ©gitime d’un chef de clan zoulou qui regroupa une petite armĂ©e de 1500 hommes en 1816 qui atteindra jusqu’à 50 000 hommes. Shaka fait rĂ©gner la terreur en attaquant, pillant et brĂ»lant les terres des populations africaines voisines. Les guerriers zoulous sont redoutables, par exemple, un guerrier ne peut pas se marier tant qu’il n’a pas tuĂ© un ennemi au corps Ă  corps.

Plus tard les Boers qui continuent Ă  avancer vers l’est (le Grand Trek) tombent sur les zoulous. De nombreux conflits trĂšs violents Ă©clatent mais les Boers gagnent la bataille de Blood River prĂšs de la riviĂšre Ncome en 1838.

Les Boers crĂ©ent un Ă©tat indĂ©pendant la rĂ©publique de Natalia et une paix timide s’installe entre zoulous et fermiers Boers.

Fin 19eme : les anglais dĂ©couvrent des mines d’or dans le Transvaal et le Natal (rĂ©gion des Boers et des Zoulous) et vous vous en doutez, ils partent Ă  l’attaque Ă  leur tour.

Ils commencent par récupérer aprÚs de longues batailles la partie Zouloue du Natal en 1879.

Avant de s’attaquer Ă  l’état indĂ©pendant des Boers : et c’est en 1899 que commence la guerre des Boers.

 

 

DĂ©but du 20e siĂšcle

 

Pendant la guerre, les anglais s’enragent contre les Boers : ils brĂ»lent leurs rĂ©coltes et crĂ©ent des camps de concentration pour les serviteurs de couleurs. Bilan : 30 000 Boers blancs et 20 000 africains noirs sont tuĂ©s.

La guerre des Boers durera trois ans jusqu’en 1902. Au final ce sont les anglais qui gagnent. 80 000 Boers contre 400 000 anglais : ils ont quand mĂȘme tenus 3 ans.

La paix est signĂ©e mais les Boers conservent une Ă©norme rancƓur contre les anglais. RancƓur que j’ai pu observer pendant la finale de la coupe du monde !

En 1910 Les anglais crĂ©ent l’Union Sud-Africaine : ils incluent les afrikaners (les Boers) dans les nĂ©gociations mais pas les noirs. Et pourtant, Ă  cette Ă©poque le pays compte 4 millions de noirs, 1,3 millions de blancs, 500.000 mĂ©tis et 150 000 indiens (venus fin 19eme pour cultiver la canne Ă  sucre).

En 1911 est appliquée la loi du « Coulour Bar » qui réserve les emplois qualifiés aux blancs.

En 1923 c’est la loir du « Native Urban Areas » qui interdit aux noirs de vivre Ă  l’intĂ©rieur des villes.

Les noirs se sentent alors Ă©tranger dans leur propre pays et crĂ©ent le South African National Congres qui se renommera plus tard l’African National Congress (ANC). C’est le premier parti politique d’Afrique du Sud en tĂȘte des Ă©lections encore aujourd’hui.

Et le premier objectif du parti Ă  l’époque : en 1923 c’est d’arrĂȘter les conflits entre les diffĂ©rents peuples africains du pays. Et oui, il y avait encore des conflits extrĂȘmement violents entre par exemple les Xhosas et les Fingo ou entre les Zoulous et les Tonga.

La volontĂ© de l’ANC c’est de crĂ©er un seul peuple uni !

Pendant les annĂ©es 30 les lois racistes se durcissent : c’est le principe de l’Afrikanerdorm : affirmer la supĂ©rioritĂ© des blancs de langue Afrikaners (langue qui vient du Hollandais)

 

 

La 2Ăšme guerre mondiale

 

Juste avant la guerre, un parti nationaliste blanc apparaĂźt en Afrique du Sud, copiant le modĂšle Nazi et dĂ©filant mĂȘme dans les rues Ă  la gloire d’Afrique du Sud.

Mais l’Afrique du Sud finit par rejoindre le common Wealth et combat les Allemands  en Afrique du Nord, en Italie et au dĂ©barquement de Normandie.

AprÚs la guerre : Daniel Malan (premier ministre) continue les lois racistes et définis trois races : les blancs, les noirs et les métisses.

Le systùme d’Appartheid se peaufine.

L’ANC ne veut pas se laisser faire et se renforce en nommant Ă  sa tĂȘte trois militants :

SISULU, TAMBO et un certain Nelson MANDELA. C’est le dĂ©but d’un long chemin vers la libertĂ©.

 

 

Les années 60

 

Un nouveau mouvement est créé : le mouvement anti apartheid. Ce dernier permet d’attirer l’attention de l’opinion internationale sur la situation terrible de l’Afrique du Sud.

L’ANC lance des mouvements de grĂšve et de boycott non violent avant que le parti soit simplement interdit en 1958. Mandela devient alors clandestin et crĂ©Ă© une organisation militaire : la Lance de la nation qui organise des attentats Ă  la bombe.

 

 

Les années 70

 

En 1963 : Nelson Mandela est arrĂȘtĂ© et est condamnĂ© Ă  la prison Ă  vie.

De grands conflits apparaissent pendant les annĂ©es 70 notamment en 76 oĂč des Ă©coliers de Soweto prĂšs de Johannesburg se rĂ©voltent en refusant l’enseignement en Afrikaans. Pour eux cette langue symbolise la servitude aux mĂštres blancs du pays. Des centaines de personnes seront tuĂ©s et des milliers arrĂȘtĂ©s Ă  la suite de cet Ă©vĂ©nement.

 

 

Les années 80

 

Nouveau premier ministre au pouvoir : Pieter Botha qui semble plus modéré.
L’apartheid s’assouplit lĂ©gĂšrement  mais est toujours  en place.
L’Afrique du Sud a aussi de nombreux conflits Ă  extĂ©rieure. La guerre contre le communisme en Angola, bombardement des camps de l’ANC au Botswana, en Zambie, au Zimbabwe.

En 1988, Dulcie September qui est la reprĂ©sentante de l’ANC en France sera assassinĂ©e en plein Paris. On ne connait toujours pas l’identitĂ© de son meurtrier.

Les sanctions Ă©conomiques contre l’Afrique du Sud se durcissent fortement.

Un nouveau président est élu en 1989 : Frederik de Klerk et en février 90 Mandela est libéré.

 

 

Les années 90

 

En 1991, toutes les lois de l’apartheid sont levĂ©es. Les sanctions Ă©conomiques contre l’Afrique du Sud aussi. Cependant il les Sud Africains noirs n’ont toujours pas le droit de voter.
C’est en 1994 que les noirs peuvent enfin voter aux Ă©lections prĂ©sidentielles.

L’ANC remporte les Ă©lĂ©ctions avec 62% des voix et Nelson Mandela aussi connu sous le nom de Magic Madiba devient le premier prĂ©sident noir d’Afrique du Sud le 27 avril 1994. C’est ce qu’on appelle le freedom day.

C’est la mise en place d’un nouvel hymne, d’un nouveau drapeau, en clair d’une nouvelle Afrique du Sud !

En 1992 : c’est Thabo Mhebki qui succùde à Mandela puis Jacob Zuma en 2009.

Zuma enchaine les scandales de corruption. A telle point que l’ANC l’ordonne de dĂ©missionner, chose qu’il fera en fĂ©vrier 2018.

Cyril Ramaphosa le remplacera est sera réélu le 22 mai 2019.

 

 

Conclusion 

 

FOU ! Voilà ! Comme vous pouvez le constater l’histoire de l’Afrique du Sud est riche, compliquĂ© et unique ! Il est important de retenir que depuis 6 siĂšcles l’Afrique du Sud abrite de nombreuses populations diffĂ©rentes. Depuis le dĂ©but le pays est rythmĂ© de conflits entre ces populations et ça ne peut pas seulement se rĂ©sumer Ă  une « guerre entre les blancs et les noirs ».

Aujourd’hui, le pays est en paix et fait coexister des dizaines de communautĂ©s diffĂ©rentes malgrĂ© des annĂ©es et des annĂ©es de conflits. C’est beau !

Dans l’ensemble les Sud Africains arrivent Ă  vivre ensemble et sont dans la grande majoritĂ© trĂšs respectueux des autres populations. Mais les communautĂ©s ne se mĂ©langent pas. Ici, si on est Afrikaners par exemple : on parle afrikaans, on se marie avec un ou une afrikaners, on traĂźne avec des afrikaners. AprĂšs Ă©videmment il y a des exceptions comme au rugby par exemple.

L’Afrique du Sud c’est quand mĂȘme un cas spĂ©cial quand on y pense !

Un pays avec autant de communautĂ©s, de langues et de culture diffĂ©rentes unies sous un mĂȘme drapeau. Je ne sais pas si l’objectif de l’Afrique du sud c’est d’arriver Ă  homogĂ©nĂ©iser tout ça.

Les mariages mixtes ne sont pas encore acceptĂ©s ou sont mal vus. Il suffit d’aller dans un bar ou dans un restaurant pour se rendre compte que les tables ne sont pas trĂšs mĂ©langĂ©es.

Mais ce sera peut-ĂȘtre toujours le cas ici : un pays oĂč diffĂ©rentes populations coexistent dans la paix mais ne mĂ©langent pas. L’avantage de cette situation c’est que les communautĂ©s restent trĂšs forte : pas de mĂ©lange, les petits enfants continuent Ă  parler la langue maternelle en plus de l’anglais.

Alors, est-ce devenu la nation arc en ciel tant voulue par Nelson Mandela ? 

On pourrait dire de l’Afrique du sud que c’est un arc en ciel : des communautĂ©s qui ne se ressemblent pas mais se respecte assez pour vivre et travailler les unes avec les autres. Si on y rĂ©flĂ©chit bien c’est ça un arc en ciel ! Une variĂ©tĂ© de couleur diffĂ©rentes et bien distinctes, pas un mĂ©lange !

Je vous laisse réfléchir sur ça et partager vos opinions dans les commentaires.

Cette volontĂ© c’est aussi l’objectif en Europe : Faire coexister des pays trĂšs diffĂ©rents tout en conservant les spĂ©cificitĂ©s de chacun !

 

Comprendre l'Afrique du Sud

Comprendre l'Afrique du Sud

Lettre Ă  Nelson Mandela – Frederik Willem de Klerk

 

Voir sur Amazon

Comprendre l'Afrique du Sud

Comprendre l'Afrique du Sud

Un long chemin vers la libertĂ© – Nelson Mandela

 

Comprendre l'Afrique du Sud
 

 

 

Le résumé en vidéo : 

 

Tu as appris quelque chose ? Partage le aux copains !

Partager sur facebook
Partager sur pinterest
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur twitter
Partager sur email

Une question ? Une remarque ?

Rester libre !

La RĂ©daction de Kouloula, est et restera indĂ©pendante ! C’est pour cela que nous utilisons parfois des liens affiliĂ©s. Nous touchons des commissions, sans coĂ»t supplĂ©mentaire pour vous. Vous pouvez donc facilement nous soutenir, merci Ă  ceux qui le feront đŸ”„

A lire aussi

Suivre kouloula sur les réseaux

En nous soutenant sur les réseaux sociaux, vous nous donnez du poids face aux annonceurs et vous nous donnez la motivation de continuer à partager avec vous ! Merci 

Contenu protégé