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Le rugby en Afrique du Sud

Le rugby en Afrique du sud

Cette année, les springboks ont gagné la coupe du monde de rugby au Japon ! Comment la coupe du monde a-t-elle était vécue ici ? Et la victoire, quelle ambiance pour la célébration ? Quelle comparaison peut-on faire avec le très fameux film Invictus de Clint Eastwood ?

 

Quelques chiffres.

L’Afrique du Sud est une terre de Rugby ! Les springboks ont déjà rapporté 3 coupes du monde au pays, en 1995, 2007 et 2019.

Selon l’International Rugby Board, l’Afrique du Sud compte près d’un demi-million de joueurs (similaire à la France). Comptant : 169 980 jeunes garçons, 129 191 ados, 147 650 joueurs masculins adultes. Et côté féminin on dénombre : 2 248 jeunes filles, 7 595 ados, 7 813 joueuses féminines adultes (pour un total de 17 656 joueuses).

 

Concrètement comment joue-t-on ici ?

Pour parler un peu aux amateurs de rugby, comment joue-t-on au rugby en Afrique du sud ? Ici le jeu et la mentalité sont assez différents de ce qu’on connait en France. Le jeu est plus basé sur le défi physique. Les rucks et les plaquages sont importants dans les phases de jeux et particulièrement violents. Et attention, à l’image l’équipe nationale de cette coupe du monde au Japon, les joueurs de rugby en Afrique du sud sont généralement très, très costauds…

Ce qui change vraiment part rapport au rugby que l’on connait en France ce sont les entraînements. Ici on considère que c’est de la responsabilité du joueur d’améliorer ses performances individuelles, que ce soit son cardio, sa force ou son poids. Ainsi, durant les entraînements on se concentre sur le jeu collectif et spécialement sur l’agilité. Eh oui, il faut que la balle circule, on est dans l’hémisphère sud !

 

Une super coupe du monde !

Bravo aux springboks ! Malgré une demi-finale un peu timide contre les Gallois, ils ont proposé du rugby champagne en finale contre les Anglais. Avec de la vitesse aux ailes et des avants conquérants les Springboks ont pu prendre l’avantage et l’emporter sur l’équipe Anglaise.

La victoire contre les Anglais a été spécialement bien fêtée. Les Français ont un point commun avec les Sud-Africains, la rivalité avec les Anglais. En effet, l’Afrique du Sud a été colonisée, entre autres, par les Anglais. Il y a même eu une guerre opposant les Anglais et les descendants de colons hollandais en fin 19em siècle : la guerre des Boers.

De cette coupe du monde déjà on peut retenir la victoire du capitaine Siya Kolisi.  Siya Kolisi est le premier capitaine Noir d’Afrique du Sud ! Dans un pays avec une histoire contemporaine où les conflits raciaux ont été très violents, c’est un signe fort  d’apaisement des tensions.

Depuis quelques années, l’équipe des springboks doit respecter des quotas de joueurs de couleurs. Ce sujet a été très polémique ici. En effet, le rugby est majoritairement pratiqué par des blancs qui craignaient que cette discrimination positive impacte le niveau général de l’équipe.  Seulement, aucun quota n’a forcé Johan Erasmus, le sélectionneur et entraineur principal des Springboks, à choisir Siya Kolisi comme capitaine.

Autre fait surprenant, tous les Sud-Africains ne soutiennent pas leur équipe nationale. On propose autant de tee-shirt des Springboks que des All Blacks dans les supermarchés. Et on nous dit clairement, « non je préfère les All Blacks ! »

 

Invictus, 25 ans plus tard.

Vous avez surement vu le film Invictus de Clint Eastwood avec Matt Damon et Morgan Freeman. Si ce n’est pas le cas allez le voir, il est super ! On peut se poser la question : est-ce que cette victoire a permis d’apaiser les tensions communautaires ici ?

Sans expliquer en détail la situation d’Afrique du Sud sur ce sujet, je vous partage les constats que l’on peut faire en vivant et en jouant au rugby ici.

Ici on observe que  80% de la population est noire, 9% est « coloured » c’est-à-dire métis, 8% est blanche et 3% est asiatique. Il y a 11 langues officielles et des dizaines de communautés comme les Zulus, les Shangans, les Afrikaners, etc…

Ces communautés sont assez fermées sur elles-mêmes : ils parlent la même langue et se marient entre eux par exemple. C’est surprenant pour les européens mais ici on ne se mélange très peu. Et le rugby est un lieu où, selon moi, le vivre ensemble s’exprime très bien.

C’est un sport joué majoritairement par les Afrikaners, les blancs descendants des Hollandais. C’est le cas dans mon équipe et dans la plupart des équipes. Mais il y a une bonne partie de joueur noirs et coloured, et ça, sans quotas.

Dans mon équipe des Bosveld Pumbas l’ambiance est super ! On y voit des joueurs se sacrifier sur le terrain et prendre les coups pour un coéquipier d’une autre couleur de peaux. On fait la fête ensemble, on souffre ensemble comme une équipe quoi !

Et on observe de belles choses qui vont plus loin que le sport : les joueurs partagent et expliquent les coutumes de leur communauté respectives, sont curieux, apprennent des choses qu’ils n’auraient jamais su sans ces discussions dans le car ou les vestiaires.

 

Bref pour résumer, évidemment cette victoire de coupe du monde a eu moins d’impacts positifs sur l’Afrique du Sud que celle de 1995, mais cette victoire est la bienvenue.
La situation en Afrique du Sud est compliquée, les dernière violences xénophobes de cette fin d’année 2019 montrent bien que les tensions sont toujours vives. Cette victoire rapproche un peu plus le pays du  vivre ensemble et de l’apaisement entre les communautés.

 

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